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Située dans le plus vieux quartier de La Rochelle (celui de Cougnes),
la rue Cordouan avait pour nom du Marché du Cordouan car le cuir
venu de Cordoue y était vendu et nul n'en pouvait acheter avant
que les cordonniers fussent suffisamment approvisionnés.
Les auberges se succédèrent dans cette rue : " Auberge du Comte
d'Artois ", " du Cheval Blanc ", " de Sainte Catherine ", " des
4 Valets ", " des 3 Piliers ". Citons aussi deux auberges fort
intéressantes ; la première, où pendait l'enseigne de " La Fleur
de Lys ", eut pour hôte Saint-Vincent de Paul, qui comme tout
bon chrétien, était descendu chez les protestants.
La seconde avait pour nom : " la ville de Damas " et appartenait
(à l'origine) au sieur Sarrasin ! Curieuse coïncidence de voir
rassemblés ces deux noms. L'histoire ne nous dit pas si ce monsieur
était natif de Poitiers.
Toute la partie gauche de la rue, située entre la rue de Pauléon
au sud, la rue Saint-Julien-Du-Beux (Alcide d'Orbigny) au Nord,
appartenait, au XIIème siècle, aux moines de la Commanderie de
Pauléon de l'ordre de Saint-Antoine de Viennois.
Moines qui nous ont laissés un souvenir magnifique : une très
belle salle souterraine à voûtes d'ogives. Le pâté de maisons
délimité par les rues des Cordeliers (du Collège), de Pauléon
et du Cordouan, était au XVIIème siècle en bois comme celle se
trouvant encore au n°15. Ces édifices à pans de bois et ardoises
ont laissé la place à de solides maisons en pierres de taille.
Mais cela ne gâte en rien leur intérêt historique.
Ce n'est pas grâce à la municipalité Rochelaise du XIXème siècle
que nous devons de pouvoir admirer certaines maisons de la rue.
Car elle avait décidé de faire détruire toutes les maisons situées
en la venelle des Angliers, pour l'assainissement. Et le temps
n'a ici, rien changé entre la décision et la réalisation, il s'écoule
toujours un certain temps.
Le quartier de Cougnes se devait, en tant que plus ancien quartier
de notre ville, d'avoir la plus vieille église. A l'origine appelée
Notre-Dame de Cougnes (hors des murs), une nouvelle fut érigée
au XIIème siècle, laquelle, jetée à bas en 1568 par les protestants
menés par le maire François Pontard, fut reconstruite en 1653.
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