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L’Affaire
François-Xavier Pelletier : L’enfer du décor…
Le
réalisateur François-Xavier Pelletier est
de retour du Brésil où, après avoir
été mis en garde à vue, il a été
expulsé de l’Etat de Santa Catarina. A l’occasion
d’une conférence de presse, François-Xavier
Pelletier fait le point sur " l’affaire "
et le projet Baleia Franca.
L’histoire
remonte au 24 mai dernier lorsque François-Xavier
Pelletier, président de l’ONG Homme nature, débarque
avec une équipe de réalisation au Brésil,
plus exactement à Florianopolis, capitale de l’Etat
de Santa Catarina, pour réaliser un documentaire
sur les pêcheurs açoriens et avoir quelques
images de mammiféres tels que les dauphins et les
baleines pour illustrer les interviewes.
Tout
se passe très bien. Le tournage s’effectue dans de
bonnes conditions malgré le peu de contact avec les
chercheurs brésiliens chargés des études
sur les mammifères qui, pour des raisons inconnues,
n’ont pas désiré de contact encore moins d’échanges
avec l’équipe de tournage.
Alors
que le tournage en était à son dernier jour
le 27 juillet au soir, François-Xavier Pelletier
et son équipe composée de sa fille Delphine,
d’un assistant et de Magnolia De Oliveira, vice-présidente
d’Homme nature, sont arrêtés par la police
militaire, pourquoi ? Quel est le crime commis par
l’équipe de tournage ? Toutes ces questions
vont se heurter dans l’esprit du réalisateur.
Une
organisation mafieuse ?
En
France l’aide à leur soutien s’organise autour de
Catherine Lacroix, vice-présidente d’Homme nature,
de Claude Bellot, président du Conseil général
de la Charente-Maritime, la Cité francophone, de
la région, de Maxime Bono député-maire
de La Rochelle et du ministère des Affaires étrangères.
Au Brésil le principal soutien vient de la Commission
de l’Environnement de la Chambre des députés
à Brasilia, du Parc de la Francophonie à Florianopolis,
et de très nombreuses communautés et associations
locales d’Imbituba et Garopaba.
François-Xavier
Pelletier se souviendra toujours de cette soirée :
" Nous
avions passé la journée avec des pêcheurs
et des descendants de chasseurs de baleines qui avaient
des choses importantes à nous communiquer, car il
faut savoir que la côte de Santa Catarina est un lieu
privilégié où se retrouvent les baleines
franches. Quelque part on gênait un puissant réseau
dirigé par un argentin douteux qui, sous la couverture
de la protection des baleines et du projet Baleia Franca,
s’adonne à l’exploitation d’un écotouristique
très rentable et qui servirait, selon certains témoins,
à faire du blanchiment d’argent… "
Dans
ce pays, selon les dires de François-Xavier Pelletier,
la corruption existe à tous les niveaux. Les gens
le savent et ils en parlent. Même au sein de la police.
" Nous
avons été victime d’un véritable complot
à la brésilienne, commente François-Xavier
Pelletier et de préciser : " Quelque
part, quelqu’un a eu peur que nous divulguions en France
des pratiques qui ne sont pas en faveur de la protection
des baleines, bien au contraire et j’ai des documents photographiques,
issus de leur propre catalogue promotionnel, qui le prouvent…
Le
fait de se retrouver sur la plage, nez à nez, avec
50 policiers et toute la presse sous contrôle de la
police militaire vous fait demander : mais quel crime
ai-je commis ? D’autant plus que l’arrestation a été
violente… "
C’est
donc sous bonne garde que le réalisateur et son équipe
sont emmenés au siège de la police fédérale
(l’équivalent du FBI) pour y subir, toute la nuit,
un interrogatoire plutôt musclé.
" Ils
nous ont piqué notre cassette sur les baleines que
nous avions pu filmer la journée même en respectant
le règlement c’est à dire ne pas s’approcher
à moins de cent mètres des mammifères
et en les observant moins de trente minutes… Tout est manipulé
y compris la presse… et j’ajoute, précise François-Xavier
Pelletier, que le Consul français au Brésil
Jean Lévy n’a rien fait pour nous aider au contraire
dans un télégramme diplomatique envoyé
au Quai d’Orsay il précisait que " tout
était normal, que nous étions libres…que le
Consulat aurait proposé une médiation… Et
pis, il a écrit que j’avais dit du mal du gouvernement
de Santa Catarina… Ce qui est faux… "
Des
menaces de mort.
En
fait de quoi exactement est accusé François-Xavier
Pelletier et son équipe ? Tout simplement d’un
crime environnemental et de maltraitance des baleines. Un
crime qu’ils n’ont pas commis et ils crient haut leur innocence :
" Alors que tous les témoignages concordent
sur notre innocence, les communautés, l’université…
Se sont 10 000 personnes qui sont derrière nous pour
nous épauler… Pourtant rien n’est réglé…
J’ai reçu, hier, un appel téléphonique
d’une personne qui nous soutient. Il s’appelle Léonardo
il a été menacé de mort. C’est du sérieux.
Il ne faut pas prendre cette affaire à la légère…
Au Brésil des " contrats " qui
sont exécutés par des " Pistoleros "
sont courants… Nous allons essayer de faire quelque chose
pour cette personne et lui venir en aide… "
François-Xavier
dénonce aussi le projet " Baleia franca "
qu’il qualifie de projet terrible et qu’il faut détruire
et remonter un projet beaucoup plus positif où les
mammifères marins seront effectivement protégés…
Il appuie aussi sur le fait qu’il faut réussir à
démanteler ce réseau qui agit sous couvert
un tourisme fructueux sur les baleines.
Aujourd’hui, Magnolia de Oliveira est toujours au Brésil.
Sa vie pourrait être en danger. L’enquête de
la police locale n’est pas finie. François-Xavier
Pelletier et son équipe sont toujours passibles de
2 à 5 ans de prison.
Quelles
décisions sont à prendre ? Quelles solutions
sont à envisager ? François-Xavier Pelletier
s’est vu réconforté par le représentant
du Conseil général de la Charente-Maritime
et par Michel Planche de la cité francophone qui
a souligné les bonnes relations qui se développent
sur le plan économique et culturel entre l’Etat de
Santa Catarina et La Rochelle.
Mais
vouloir le démantèlement d’un réseau
aussi puissant grâce à ses moyens financiers
dont il dispose et les relations dans tous les milieux comme
celui de la police, de la justice, de la presse… et certainement
bien d’autres ne semblent pas relever d’une telle possibilité.
Daniel
Callaud
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